Les plaisirs singuliers d’un jardin d’accueil

18 septembre 2020
Inspirations

Les plaisirs singuliers d’un jardin d’accueil

C’est en automne et en hiver que l’on perçoit le mieux le plaisir d’avoir conçu la zone d’approche et d’arrivée de sa maison comme un jardin d’accueil. Quand les heures passée à l’extérieur sont plus rares, le simple passage devant sa demeure se transforme alors en instants de contemplation.  

Sas de décompression

« J’aime penser les jardins d’accueil que je dessine comme des paysages figés, ressemblant à ceux du grand paysagiste belge Jacques Wirtz ( qui a notamment réalisé le jardin des Tuilerie et du Carrousel à Paris). Je les conçois souvent plantés d’arbustes persistants – très appréciés pour l’art topiaire - qui ont l’immense intérêt de ne pas se dépouiller en hiver », explique Fabien Caumont, architecte paysagiste chez Mise en Scène. « Ces plantes sont aussi un souci de moins en matière d’entretien. Car un jardin d’accueil doit être suffisamment simple, je le vois comme un sas de décompression destiné à relâcher son éventuel stress. Il ne devrait pas être ressenti comme une charge de travail à l’heure où l’on rentre du travail en espérant se reposer ».

Poésie et miroir…

« Aussi utiles que futiles, aussi grands que petits, il est facile d’y créer beaucoup de poésie. Un mur aveugle, recouvert d’un miroir, se transforme en véritable fenêtre, par exemple » se souvient l’architecte paysagiste. 

« En Suisse, les entrées sont situées très souvent au nord de la maison. Les plantations doivent donc être conçues pour supporter un moindre ensoleillement. Deux tiers de persistants, un tiers de caducs est un ratio intéressant. Quelques très beaux érables rythmeront magnifiquement les saisons et la beauté de leur charpente sera belle à observer grâce à un éclairage en hiver, dès lors que la nuit tombe plus vite...  Des azalées et des rhododendrons égaieront le printemps. Des osmanthes, des taxus – taillés de toutes formes - et des camélia sasanqua (d’automne) sont encore d’autres espèces que j’affectionne le plus, pour ces jardins très particuliers ». 

Inviter à la découverte

Le charme de ces jardins-là se trouve souvent dans leurs cheminements. « Je suis d’avis qu’il ne faut pas forcément trop compliquer le tracé, de la voiture jusqu’à la porte d’entrée. Et qu’il vaut mieux, dans la mesure du possible, éviter d’ajouter des marches d’escaliers. En revanche, visuellement, il peut être judicieux de créer des chicanes de plantations qui occulteront depuis la porte d’entrée la vision sur les voitures ou sur les poubelles par exemple. Un beau cabanon dessiné sur-mesure permettrait aussi de ranger les vélos et d’améliorer ainsi l’esthétique. 

Quand la nuit tombe plus vite…

L’éclairage y est très utile. Evitez les spots inclinés de bas en haut qui risquent plutôt d’aveugler l’usager. Et préférez des lumières indirectes, propices aux ombres portées et qui n’ajoutent pas à la pollution lumineuse déjà trop importante ». 

Le charme et le rôle du sol

Il est intéressant aussi de changer de matériau de sol entre le parking et les cheminements ; marquant ainsi cette transition entre l’espace exposé au public et l’espace privé. Pour ce qui est du choix, les pavés ajoutent très vite une connotation classique et romantique. Notre foulée y est ralentie, poussant notre regard à plus d’observation. De très belles dalles, des gravillons ou même de l’ardoise offrent le même effet. J’affectionne tout particulièrement les cheminements en briques trop peu souvent utilisés à mon goût mais qui offrent une grande variété de calepinages et qui plus est, s’accorde magnifiquement aux toitures en tuiles du canton de Vaud !

 

Une marquise en signe de bienvenue…

« Une assise, située devant la porte d’entrée, rendra les lieux bien plus confortables, au moment de se déchausser. Pareillement, une belle marquise au-dessus du perron aura le même effet qu’un mot de bienvenue à celui qui vient nous rendre visite ou nous distribuer le courrier. Les entrées peuvent raconter très rapidement un peu de notre personnalité et de nos goûts à celui qui viendra nous rendre visite », glisse encore Fabien Caumont.

Et le matin…

Et le matin, au sortir de la maison, ces quelques secondes passées à contempler le ruissellement de la fontaine ou l’ombre portée d’une sculpture fortuitement éclairée par les premiers rayons du soleil, seront comme une joyeuse invitation à observer, tout au long de la journée, les mille et un signes que nous adresse la Vie...  Comme un cadeau offert par la nature dans ce tamtam quotidien et qui murmure simplement : « Carpe Diem ». Cueille le jour présent…