Eclairer votre jardin, c’est lui offrir une deuxième personnalité

28 août 2020
Conseils

Eclairer votre jardin, c’est lui offrir une deuxième personnalité

Fin août, lorsque le soleil se met à décliner plus rapidement, les soirées d’été passées au jardin prennent une tout autre dimension. Quand la nuit pose son voile sur vos plantations, un éclairage bien pensé vous permettra encore d’admirer le tableau qui aura été comme peint par petites touches de lumières. « Eclairer son jardin, c’est comme s’en offrir un deuxième. Les arbres, les poteries ou les cheminements que l’on choisit de mettre en lumière offriront une tout autre lecture à celui qui en profitera », explique Fabien Caumont, architecte paysagiste chez Mise en Scène Architecture Paysagère. « L’ambiance y sera plus romantique, les nuisances visuelles aux alentours s’effaceront au profit du spectacle des ombres portées de la végétation, sur le sol ou sur les façades de la maison ».

Éclairage zénithal de préférence 

Car l’astuce, souvent, est de réussir à recréer, même de nuit, un éclairage venant d’en haut, afin que des ombres ou des reflets dans un plan d’eau, se créent, se reflètent. « Attention à ne pas transformer vos allées et cheminements en piste d’atterrissage, au risque de créer l’aveuglement des usagers ! » observe l’architecte paysagiste. L’éclairage doit être aussi naturel que possible ; au risque sinon de ne pas offrir le romantisme et la chaleur que l’on attend d’un jardin. « Je m’efforce souvent d’éclairer plutôt du haut vers le bas afin de ne pas ajouter ma pierre à la pollution lumineuse déjà trop importante qui nous enlève malheureusement trop souvent la vue sur les étoiles. 

Mouvements dans la nuit

Éclairer à travers la végétation permet à l’ombre d’une feuille d’érable d’exister, de se balancer dans le vent et danser sur les dalles de la terrasse ou sur la façade de la maison ; c’est un spectacle fascinant et reposant ». Certains designers de lumière, dans le même esprit, proposent d’ajouter, à la sortie du spot, un nid d’abeille afin de supprimer les rayons incidents évitant ainsi une diffusion de la lumière ailleurs que sur le sujet nécessaire. A noter que le choix de la direction de la lumière peut aussi varier selon les situations : alors que l’éclairage de haut en bas d’un grand arbre situé au fond du jardin révélera la beauté de sa charpente et agrandira l’espace, le même choix du haut vers le bas risquerait d’aveugler ailleurs, plus près de la terrasse par exemple. 

Le choix du modèle ? Une question de styles de jardins 

« Nous orienterons le client sur le choix d’une marque en fonction de la nature du jardin, explique Fabien Caumont. Si le jardin est moderne, très structuré et affirmé, la tendance sera de privilégier des modèles moulés, en fonte d’aluminium, de chez Vibia, IGuzzini ou Modular, Rivia, Bega par exemple. Ils seront disposés afin de souligner les lignes et les effets de perspective du projet paysager... ». Dans ces jardins aux perspectives très affirmées, un point de fuite non éclairé et entièrement noir produit la même insatisfaction qu’un clocher d’église non éclairé au cœur d’un village. 

« Pour des jardins plus organiques et romantiques, je privilégierais, sans hésiter, des luminaires de la marque Jean-Philippe Weimer, créés avec des matières nobles en cuivre ou en laiton. Des matériaux nobles et qui embellissent encore avec les marques du temps. Des modèles qui pourront d’ailleurs, bientôt tous, de bénéficier du travail d’une artisan du vitrail apposant une plaque en verre oxydée teintant la lumière de façon toujours unique, aussi unique que la lumière naturelle du soleil, lorsqu’elle change d’intensité ou d’orientation de minute en minute ». 

Que faut-il éclairer ?

Dans ces jardins romantiques, l’idée sera d’attirer l’œil sur un arbre, acteur principal de la scène. Ou de dessiner un cheminement plus sinueux, aléatoire, au gré des charpentes d’arbres ainsi éclairés. L’éclairage suggèrera alors, plus qu’il ne guidera. Un bel arbre pourra ainsi être éclairé et visible uniquement en raison de ce cheminement dans le jardin ; tout comme une porte symbolique, créée à l’aide de gabions ou simple végétation, ajoutant encore à la poésie… 

Varier les plaisirs ! 

« L’idéal est de travailler avec deux réseaux électriques. Le premier, à l’intensité plus douce, pour éviter l’éblouissement destiné aux alentours des lieux de vie : terrasses, salon extérieur… Le second, plus fort, est destiné à éclairer la périphérie. Les grandes marques proposent aujourd’hui, presque toutes, des variateurs permettant, en outre, de jouer avec l’intensité lumineuse au fil des saisons. Lorsque la lumière est plus forte à l’intérieur de la maison, il est alors possible et judicieux d’éclairer davantage à l’extérieur pour profiter du jardin en l’observant au travers des fenêtres ; ce qui est utile, quand même, six mois par an dans nos contrées ! ». Certains modèles innovent encore en proposant une variation de température de couleurs selon les saisons : des teintes chaudes pour l’été et plus froides pour éclairer le jardin sous la neige, en hiver. 

Donner de l’âme et de la profondeur

L’éclairage du jardin lui donne toujours de l’âme et de l’espace. Une sculpture ou une poterie, éclairées devant la fenêtre de la cuisine agrandiront l’espace, autant qu’elles offriront, en tableau, leur beauté accessible. En hiver, un jardin bien éclairé prolonge la maison ; il permet de gagner en profondeur selon les points de vue. 

Cacher ce qui doit l’être

A quoi s’ajoute « qu’un bel éclairage peut détourner l’attention et atténuer les nuisances visuelles du voisinage. Un hêtre fastigié, bien éclairé, pourra permettre d’oublier le lampadaire situé juste derrière. »